Fiche n°5, Précis

Avancées
scientifiques

Trois axes de recherche actifs éclairent autrement l'hallux valgus : sa part héréditaire, des outils d'imagerie plus précis, et des essais de chirurgie sur mesure. Aucun ne remplace aujourd'hui la pratique courante, ils en dessinent les évolutions possibles.

Axe 1

Une déformation fortement héréditaire

L'hallux valgus n'est pas qu'une affaire de chaussures : les études en population montrent une composante génétique importante, avec des estimations d'héritabilité allant de 0,29 à 0,89 selon les cohortes étudiées.

Études d'association pangénomique (GWAS)

Une méta-analyse portant sur près de 6 000 personnes d'ascendance européenne a montré que les variants génétiques mesurés expliquent près de la moitié de la variance du trait, environ 50 % chez les hommes et 48 % chez les femmes.

Facteurs de risque associés

Une étude de randomisation mendélienne publiée en 2025 a recherché des liens de causalité entre l'hallux valgus et plusieurs facteurs : IMC, pied plat acquis, arthrose du genou ou de la hanche, polyarthrite rhumatoïde, goutte et syndrome d'Ehlers-Danlos.

Cette piste génétique n'a pour l'instant pas de traduction clinique directe, mais elle aide à comprendre pourquoi la déformation est si fréquente dans certaines familles, indépendamment du chaussage.

Axe 2

Voir le pied en charge, et en volume

La radiographie standard reste l'examen de référence, mais elle ne capture le pied que sous deux dimensions. Le scanner à faisceau conique en charge (weight-bearing CT, WBCT) permet désormais d'obtenir une image en volume du pied dans sa position naturelle, debout, sous le poids du corps.

Ce que la 3D ajoute

Une revue de 2025 rappelle que l'imagerie 2D classique ne permet pas de visualiser certaines déformations sous tous leurs angles, notamment la rotation (pronation) du premier métatarsien, aujourd'hui reconnue comme une composante à part entière de l'hallux valgus. Le WBCT permet de mesurer cette rotation, invisible sur une radiographie standard.

Autre piste en développement : des modèles d'intelligence artificielle entraînés à repérer automatiquement les repères anatomiques sur une radiographie, pour calculer les angles HVA et IMA sans mesure manuelle. Une étude de 2024 a entraîné un tel modèle sur 2 000 radiographies annotées par des chirurgiens.

Le WBCT reste un examen coûteux, disponible dans un nombre encore limité de centres spécialisés, il ne remplace pas la radiographie en pratique courante, mais affine le bilan préopératoire dans les cas complexes.

Axe 3

Des guides de coupe imprimés en 3D

Pour les arthrodèses du premier rayon, certaines équipes de recherche testent des guides de coupe sur mesure, conçus à partir d'un scanner du pied du patient et fabriqués par impression 3D, afin de reproduire plus fidèlement le plan de correction prévu avant l'opération.

Essai contrôlé randomisé, en cours

Comparaison de cette instrumentation sur mesure à la technique conventionnelle pour l'arthrodèse de Lapidus, avec comme critères de jugement le taux de fusion osseuse et la marche post-opératoire. Protocole de recherche en cours, résultats non encore publiés.

En résumé

Ce qui est établi, ce qui se cherche encore

Établi
  • Composante héréditaire forte et documentée
  • WBCT validé pour l'évaluation 3D de cas complexes
  • Radiographie en charge : examen de référence en pratique courante
En cours d'étude
  • Variants génétiques précis et leur usage clinique futur
  • Mesure automatisée par intelligence artificielle
  • Guides de coupe imprimés en 3D pour la chirurgie sur mesure
Sources

Références de cette page

  • Revue systématique MDPI 2025, Genetic and epidemiological advances in hallux valgus research
  • Randomisation mendélienne 2025, Causal risk factors for hallux valgus
  • Weight-bearing CT review 2025, 3D assessment of the first ray
  • AI measurement study 2024, Automated HVA/IMA measurement on radiographs (n = 2 000)